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10 EME BIENNALE DE SCULPTURES EN HOMMAGE À FRANÇOIS POMPON

La 10 ème biennale de sculpture de Bois Guilbert se tiendra du 01 juillet au 30 septembre en hommage à François Pompon . 30 sculpteurs contemporains réunis dans un cadre exceptionnel en Normandie près de Rouen en hommage à  François Pompon.

Cette Biennale s’inscrit dans le paysage des événements autour de la sculpture en France, l’un des grands rendez-vous incontournables du paysage et de l’art contemporain avec des artistes tels que Nicolas Alquin, Marc Petit , John O’ Connor et Paul Pignol.

Le Jardin des sculptures de Bois-Guilbert en Normandie, créé par Jean-Marc de Pas, accueille une centaine d’œuvres de trente artistes contemporains, mises en scène dans une scénographie d’ensemble, dans le parc et les salons du château.

Plus d’infos sur www.lejardindessculptures.com

Informations pratiques

  • Lieu : Jardin des sculptures, Château de Bois-Guilbert, 1108 route d’Héronchelles, 76750 Bois-Guilbert
  • Horaires Jardin/Biennale/Salon de thé : Juillet/Août :  tous les jours 14h-18h – Septembre : du mercredi au dimanche 14h-18h (fermeture du jardin à 19h)
  • Billetterie : 8 euros, groupes 6 euros, tarif réduit 5 euros, gratuit moins de 6 ans et adhérents
  • Organisateur : association loi de 1901, reconnue d’intérêt général, présidée par Jean-Luc de Feuardent
  • Partenaires : Matmut, Région Normandie, Département de Seine-Maritime, France Bleu Normandie

 

À la découverte de Giacometti

Le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture consacre actuellement une grande rétrospective à Alberto Giacometti : un détour par Landerneau s’impose pour voir et revoir les sculptures qui ont fait la réputation de l’artiste, ainsi que pour découvrir ses œuvres moins connues, tout aussi fascinantes.

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24 heures avec l’artiste Pau Sampera pour voir l’art autrement

De New York à Monterrey, de Barcelone à Marseille, de la rue aux galeries il n’y a qu’un pas pour Pau Sampera.

Un zeste de pop art à la Warhol, un soupçon d’humour à la Robert Filliou, un chouïa de Villeglé, père de l’art urbain pour son combat politique et spirituel, ajoutez quelques détournements d’icônes, une pincée de souvenirs d’enfance  dans les rues catalanes, un brin d’authenticité, faites un grand écart entre les genres et les mouvements, et vous obtiendrez les créations de Sampera!

Lors du vernissage JIMBO JONES, le 16 avril dernier, Romain Lombardo présentait les œuvres de ce jeune espagnol autodidacte aux talents aussi variés qu’insoupçonnés. Ce soir-là, Pau Sampera, que je rencontrais pour la première fois, me dit en souriant avec son accent barcelonais « Tonight is the night ».  En franchissant la porte de la Galerie Association d’idées, nous avions finalement rendez-vous, pour une surprenante immersion artistique, une initiation aux graffitis et une rencontre hors du commun.

L’art de tacler nos tics avec des techniques hétéroclites

Vandale et cultivé, spontané et réfléchi, d’abord et surtout initié à l’école de la rue puis aux arts appliqués, Sampera crée la confusion, sème le trouble de par cette dualité, rendant son art incontestablement inclassable.

Il sculpte le béton, fait l’éloge du rythme sonore et du mouvement physique dans ses graffitis, déforme la céramique, peint avec un fusil à la Niki de Saint Phalle. De quoi faire tourner les têtes et déboussoler ses adeptes, sans jamais se lasser; innovation permanente, renouveau créatif systématique. L’artiste catalan expérimente, transforme et revisite avec une force subversive ébahissante tout type de support, tout devient art, tout est sujet à le devenir pour lui et entre ses mains.

L’espagnol refaçonne la pratique courante d’une tradition picturale codifiée, pour proposer au spectateur une expérience et un contexte hors normes. La formidable fécondité de son travail, associée à un humour ravageur, combine des variantes de styles multiples, proposant ainsi une relecture étourdissante,  des différents mouvements; antique, surréaliste, futuriste. Il réexamine notre culture visuelle intoxiquée, pour un piratage salutaire renversant les valeurs. L’artiste provoque, se joue des codes de notre société pour mieux les déjouer.

Nicolas Veidig-Favarel, collaborateur à la Galerie, nous explique qu' »à travers ses installations, Pau, élève avec ironie les objets de la culture populaire en joyaux d’une mythologie contemporaine. »

 © Pau Sampera, céramique, 2015 - Galerie association d'idées - Photographie Guillaume Gilloux
© Pau Sampera, céramique, 2015 – Galerie association d’idées – Photographie Guillaume Gilloux

Effectivement, son œuvre dénonce avec cynisme et humour, l’attrait exacerbé d’une société qui se fascine docilement pour le matérialisme et le consumérisme. A travers ses sculptures et peintures, il aborde avec justesse et agilité des thèmes, sociaux, tout aussi complexes que récurrents, tels que; la lutte des classes, le luxe, la vanité. Son travail est à lui seul un acte de désacralisation radicale des objets et marques idolâtrés par la surconsommation. Des actes novateurs qui chahutent la pensée, éveillent la réflexion, suscitent la refonte d’un système. Œuvre perturbatrice ? Si peu ! Invitation subtile à ce que le spectateur ne se conforme plus à cet « idéal » dicté et calculé.

Ses sculptures, en sont l’exemple même, elles incarnent  un exercice de style critique et satirique.

 © Pau Sampera, céramique Nike Adidas
© Pau Sampera, céramique Nike Adidas

En s’inspirant de la beauté et des canons classiques, en mélangeant ses influences « street » à la céramique, en peignant les symboles des marques Nike, Adidas, il suggère avec désinvolture un brassage des cultures et des classes sociales, tout en charriant les tendances modes uniformisées et mystifiées. Ces sculptures sont pour lui « une blague sur le luxe et la vanité des objets. »

Une pointe d’humour ? Toujours ! Sampera réinterprète également les Disney, les Simpson; le détournement artistique au goût comique pour un remake des icônes d’adolescence issus de la culture américaine. Jimbo Jones, alias jamesbo, vous connaissez ?

 © Pau Sampera, techniques mixtes, Jimbo- Galerie Association d'idées
© Pau Sampera, techniques mixtes, Jimbo- Galerie Association d’idées

Ce petit rebelle intimidant tout droit sorti de la célèbre série les Simpson, qui sous ses airs de tyrans porte en lui de fortes valeurs morales. Eh bien c’est lui que vous retrouverez inlassablement illustré dans les œuvres de l’artiste à l’âme d’ado qui lui colle si bien à la peau. Il y voit un écho à sa propre personnalité, mais aussi « l’exemple d’une jeunesse universelle ». Tant et  si bien que son solo show marseillais porte le nom de sa coqueluche fétiche.

Le détour marseillais: l’amorce d’un tournant stylistique et d’un nouvel élan créatif

Romain Lombardo, a le chic pour se démarquer sur la scène artistique marseillaise en dégotant des créateurs de poésie urbaine atypiques aux caractères bien trempés, qu’il attire jusque dans sa galerie au cœur de la cité phocéenne. A l’écoute des artistes du milieu Street art depuis des années, cette fois-là, il tendit l’oreille à Tomek qui lui recommanda Sampera.

Cette escale par la rue sainte, marque incontestablement un nouveau cycle dans la production du Jimbo catalan, celui du minimalisme contemporain urbain.

La quête du mouvement à travers le Noir et Blanc. Si Soulages travaille le noir pour sa lumière, Sampera quant à lui choisit de l’utiliser pour l’énergie qui en émane.

« Seuls le noir et blanc font véritablement rejaillir la force et le rythme du geste »

© Pau Sampera, Graffiti, l'énergie du Noir et Blanc, 14 avril 2015 - Photographie Borja Llobregat - Galerie association d'idées
© Pau Sampera, Graffiti, l’énergie du Noir et Blanc, 14 avril 2015 – Photographie Borja Llobregat – Galerie association d’idées

Faire articuler le corps, la sonorité, et le spray, lier le graffiti à la musique, en voilà une idée! Ce mouvement,  de la main,  il le retranscrit, aussi dans ses peintures à l’huile, cherchant à illustrer la trace d’une empreinte sur le papier, « black hand« , ou le touché de rue,  pour un superbe rendu, faisant penser aux encres sur papier d’Eduardo Chillida.

© Pau Sampera, huile sur papier à grain, 2015 - Galerie Association d'idées
© Pau Sampera, huile sur papier à grain, 2015 – Galerie Association d’idées

« Imaginez les mains sales d’un enfant qui les poserait ensuite sur un mur blanc, je cherche à peindre ce mouvement. »

Et puis, du bout des doigts, laisser une trace dans le béton frais, c’est un peu comme dessiner sur le goudron à la craie. Cette envie insolite et candide, ne vous a-t-elle jamais effleuré l’esprit ? Elle a titillé, Sampera, qui s’est alors mis à  sculpter, à jouer avec cette matière.

© Pau Sampera, sculpture béton, les empreintes au sol, 2015 - Photographie Borja Llobregat - Galerie Association d'idées- Jimbo Jones solo show
© Pau Sampera, sculpture béton, les empreintes au sol, 2015 – Photographie Borja Llobregat – Galerie Association d’idées- Jimbo Jones solo show

Assurément, il a l’art et la manière de  transformer les éléments du quotidien citadin les plus anodins, en une jolie poésie moderne. Voilà ce que l’on peut désormais nommer art urbain contemporain.

Incartade inattendue: de la Galerie à la clandestinité des graffitis de nuit, jusqu’à la Belle de Mai

 

 © Guillaume Gilloux - Vernissage Jimbo Jones, 16 Avril 2015, Galerie Association d'idées
© Guillaume Gilloux – Vernissage Jimbo Jones, 16 Avril 2015, Galerie Association d’idées

Après de longs échanges avec les visiteurs de la galerie, les amateurs curieux d’art contemporain, les collectionneurs parisiens. Après avoir écumé les spots incontournables des soirées marseillaises, l’élan de création a repris ses droits sur l’instinct du graffeur. Bombes à la main, nous voici partis, comme des saltimbanques fantaisistes dans une quête défendue et enivrante, pour redessiner les murs de la ville. Braver l’interdit, franchir l’impraticable, réprouver l’illicite pour suspendre une forme et donner de la couleur sur quelques murs tristes et sordides. Taguer,  pour exprimer sa spontanéité, pour laisser une marque, un symbole éphémère, de passage.

Expédition Tag nocturne improvisée
Expédition Tag nocturne improvisée

Rendez-vous le lendemain à la galerie, sourires sur nos têtes enfarinées. Interview: Pau nous parle de ses projets à venir, demain il part pour Londres, convié à l’Illustration Fair, après Moscou et New York très certainement, pour quelques exhibitions. Il voudrait prochainement mélanger, la danse, la musique au graffiti et à la peinture, pour retranscrire le rythme et l’énergie à travers l’art plastique, il y pense, il le réalisera. Et puis l’envie de découvrir la ville, de jour, l’envie de créer, toujours inaltérable malgré le peu d’heures de sommeil, reprend soudain ses droits, sur son instinct. Comme si elle l’habitait, le transcendait, cette flamme artistique intérieure, le guidant vers une production artistique perpétuelle. Nous partons chercher de nouvelles bombes et du matériel. Il choisit vite, ses couleurs, il est déterminé, comme impatient.

En route pour la friche belle de Mai, cette ancienne manufacture de tabac de 45 000m2 transformée en lieu de production artistique pluridisciplinaire en 1992. Ni une, ni deux nous voici au cœur du spot culturel marseillais par excellence, à la recherche d’un endroit adéquat où graffer. Un agent de sécurité met le Ola « vous ne pouvez pas! ». La restriction, nous la contournerons, plus habilement, pour Pau, qui semble désarçonné. Coup de téléphone à la direction, médiation et accord officiel en poche, le barcelonais pourra laisser son empreinte à la Belle de Mai.

Pau, Gaspard et Djani
Pau, Gaspard et Djani

Le souvenir d’un passage, d’un instant de partage avec les riverains, avec les enfants du skatepark, peint sur ces murs. Les langues son différentes, mais les regards et les sourires parlent d’eux-mêmes, rapidement les gens s’arrêtent, observent, les minots posent des questions sur la forme, la couleur, le rendu de la création, le temps s’arrête, les jeunes, les vieux, les curieux communiquent, l’art urbain c’est aussi et surtout ça figurez-vous ! Il retrouve ici, toute son essence et tout son sens:  l’art pour tous.

Et si de prime abord pour certains, son art peut paraître puéril, stérile ou facile, il n’est définitivement rien de cela. Sampera dépasse tout champ spécifique prédéterminé de création artistique, son esthétique s’inscrit dans un processus de critique tout aussi corrosive que légère, de par l’humour qui en émane. Ses actes incarnent une somptueuse et sublime irrévérence face aux critères matérialistes d’une société malade, vénale et consumériste.

La noblesse du cœur ne dépend d’aucune classe sociale et quand elle se lie avec une ferveur créatrice incommensurable elle fait naitre des artistes de la qualité de Pau Sampera ! Cette rencontre me marquera, et son œuvre je l’espère vous intéressera.

Il ne vous reste plus qu’une chose à faire : courir à la Galerie association d’idées, vite c’est jusqu’au 16 mai !


Informations pratiques:

Galerie Association d’idées,

56 rue Sainte, 13 001 Marseille

Lundi-Vendredi et sur rendez-vous, 14h-19h

Romain Lombardo 0980942877 – contact@associationdidees.fr

Facebook : https://www.facebook.com/galerieassociationdidees?fref=ts

Pau Sampera http://pausampera.com/Jimbo-Jones