Fred Le Chevalier vu par Stephane Thevenon

Connaissez-vous Fred Le Chevalier ?

Très peu de couleurs font ses personnages, généralement blancs et noirs. Parfois une petite phrase est apposée aux côtés de ses dessins collés sur les murs de la ville, et sont parfois accompagnés d’animaux.

Comme Fred Le Chevalier le dit lui-même : « Ce sont des cyclopes et des personnages tout droit sortis de la mythologie grecque, des enfants ou lutins masqués couverts de bandages ou de cornes … ». Ses dessins nous racontent une histoire.

Fred Le Chevalier, c’est comme un poète des rues.

Ils sont sur les murs mais également dans des livres sans texte comme il l’explique « il s’agit de recueils qui rassemblent  ses dessins ». Il a également réalisé un livre avec un embryon d’histoire, un livre objet ; une histoire d’amour entre deux personnages qui se cherchent, qui se repoussent. Son deuxième projet est une série de portraits interchangeables avec des hommes & des femmes. On peut mettre un homme en face d’une femme  ou d’un homme comme on veut, il s’appelle « l’amour n’est jamais sale ».

AL : Parle-nous de ton univers !

Fred Le Chevalier : Je dessine des personnages en noir et blanc qui sont assez reconnaissables car ils ont des dimensions pas totalement réalistes, des grosses têtes, ils ne sont pas totalement adultes pas totalement enfants. Que je fais évoluer, se rencontrer entre eux, entre personnages. Ils ont une vie de papier grâce aux illustrations sur des feuilles exposent dans des cadres, puis une vie dans la rue où je les colle sur des murs les plus contrastés possible, je recherche donc des allées, des impasses, des murs un peu sales…

AL : Quelle a été ta première expérience artistique ?

Fred Le Chevalier : Je dessinai beaucoup enfant, j’ai fait des beaucoup de concours de dessins. J’habitais à Angoulême la ville où il y a le festival de la bande dessinée, il y avait beaucoup de choses visibles à ce moment-là comme des murs peints et d’autres animations. Mon père faisant de la peinture j’ai été marqué par tout cela, je lisais beaucoup. Puis j’ai arrêté de dessiner à l’adolescence. Je me suis remis à dessiner en rencontrant Béatrice Myself, qui fait des dessins très simples que je trouve poétiques, touchantes, ça m’a donné envie de m’y remettre parce que j’aimai ce qu’elle faisait et je trouvai cela accessible. Donc j’ai acheté des feutres, un cahier et je me suis remis à dessiner avec le même trait comme  celui que j’avais à 11 ans.

AL : Depuis combien de temps du travail dans la rue ?

Fred Le Chevalier : Je dessine depuis 9 ans, et depuis 5 ans je colle dans la rue. Au début je collais de tous petits dessins que l’on ne voyait pas trop, ils étaient plus discrets. Je ne pensais pas que je me mettrais beaucoup à coller sauf que j’ai aimé ça. Le moment de coller et le moment de balade, de tranquillité, de liberté qui est précieux c’est pour cela que j’ai autant accroché.

AL : Quelle est ton évolution depuis ?

Fred Le Chevalier : Il y a eu une évolution au niveau de la taille des personnages et aussi par rapport au nombre d’éléments qui sont collés. Puis il y a eu par le collage des illustrations pour des albums musicaux,  des expositions qui n’étaient pas l’idée initiale. J’ai également était contacté pour réaliser des dessins pour un film, Les petits princes de Vianney Lebasque. Le réalisateur avait repéré mes dessins en garant son scooter devant un mur où il y avait mes collages. C’est une belle histoire, où on a conçu à deux les dessins. J’ai également apprécié le scénario comme ayant travaillé dans l’enseignement. J’ai aussi réalisé des interventions auprès d’enfants dans des écoles, des centres d’arts plastiques.

AL : Quels sont les artistes que tu apprécies, qui t’inspire ?

Fred Le Chevalier : J’étais inspiré par la bande dessinée italienne en noir et blanc, dont Hugo Pratt. Beaucoup de graphismes dans la musique punk rock avec des fanzines photocopiés fait à la main avec beaucoup de dessins, de collage, de créativité. Je lisais beaucoup de classiques de littérature avec des gravures en noir et blanc, les dessins de Terry Gilliam des Monty Python, des vieux films en noir et blanc comme le Village des Damnés.

AL: Si tu devais organiser une exposition, quels seraient les artistes que tu présenterais ?

Fred Le Chevalier : C’est une question super dur ! Je dirai des gens que je ne présenterai pas parce qu’ils existent déjà très bien tout seul : Je suis très admiratif de ce que fait Stéphane Blanquet un dessinateur qui est pour moi un artiste au sens noble du terme. C’est une boule d’énergie qui fait une quantité de choses, un trait très très fin, très pointilleux, des dessins qui sont moitié dur moitié merveilleux.  J’admire aussi un auteur de bandes dessinées, David B qui est assez proche de ce qui me touche c’est très histoire de petit garçon, beaucoup de personnages de contes, d’histoire, souvent en noir et blanc avec une part de rêve de dureté. Ce sont des gens que j’aime beaucoup. Ou je ferai une exposition de mon père qui fait de la peinture , du pastel avec plein de couleurs.

AL : Quelle est ton actualité ?

Fred Le Chevalier : Je fais régulièrement des petits salons de créateurs dans des bars. Des balades collages. Côté expositions, je devrais normalement exposer à Paris en avril et en septembre avec une exposition surprise ; j’aime bien quand les gens voient quelques choses qui n’est pas attendues et peut-être une exposition à Angoulême ma ville natale avec mon père.

AL : Depuis que nous avons commencé, je remarque que les passants s’arrêtent souvent pour discuter avec toi ?

Fred Le Chevalier : Oui très souvent, c’est le côté cadeau. Mais parfois il y a un râleur, sinon j’ai beaucoup de retours chouettes, ça fait partie du truc. Croiser, échanger, j’aime beaucoup, ça ajoute quelque chose. Il y a le plaisir personnel un peu égoïste j’ai besoin de dessiner, et, je dessine, je les sors, je les fais voyager (les personnages). Finalement ce croisement avec les gens apporte une dimension riche et je me retrouve à parler avec des personnes avec qui je n’aurai jamais discuté, il va y avoir une vieille dame de 80 ans, un petit garçon, c’est très très divers et plus souvent bienveillant comme je fais du papier ça ne va pas agresser le passant, si je fais la même chose à la peinture je pense qu’il y a des gens qui hurleraient. Il y a plein de petits échanges fortuits, gratuits que j’aime beaucoup.

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